Accueil La lettre de Catherine Actu Yoga - sept 2011

 ACTU YOGA, la lettre de Catherine – Septembre 2011



Bonjour à tous,


J’espère que l’été fut bon pour vous tous ; pour moi, il fut « méditatif » en grande partie : six semaines de retraite dans l’Ashram indien qui avec le temps, est devenu ma vraie maison…

J’ai médité tous les jours, intensément, durant quatre séances d’une heure, sans aucune interruption : une ascèse parfois enthousiasmante, parfois contraignante et dure… quelque soit l’état dans lequel on est, il faut « y aller », s’installer en posture et lâcher tout pour que l’Essentiel puisse peu à peu se dévoiler. Peu à peu, cela fait son œuvre, se dévoile, et peu à peu se produit un lâcher prise, un abandon, mais aussi des colères, des révoltes, des envies d’être ailleurs...

J’étais partie là-bas pour m’installer dans cette discipline là, pour faire une grande pause, loin des fracas du monde, et je reviens dans ma vie parisienne un peu effarée, interdite, étonnée : ai-je rêvé ? Certainement non… ici, je ne m’assieds pas 4 heures par jour en méditation, et malgré la discipline journalière que je continue à vivre, la vie active ordinaire m’a reprise sans crier gare.

Et puis, en feuilletant une revue, je tombe sur cette citation de Krishnamurti :

« La vraie méditation est la plus haute forme de l’intelligence. Elle ne consiste pas à prendre certaines postures assises ou à se tenir debout sur la tête. Méditer, c’est être pleinement conscient partout où l’on se trouve, au travail, en promenade, dans l’autobus, conscient des paroles que l’on dit, des gestes que l’on fait, de la façon dont on mange, de la façon dont on bouscule les gens dans la rue..

Soyez conscient sans option, sans préférences, de ce qui est autour de vous et en vous-mêmes, de toutes les propagandes politiques et religieuses, de toutes les influences qui cherchent à avoir une prise sur vous et vous verrez avec quelle rapidité vous les comprendrez et vous vous en libérerez. »

Krishnamurti - Les entretiens de Saanen 1963

Voilà, tout est dit ! Le Yoga propose deux injonctions : l’effort et l’abandon, la méditation en posture, et la conscience en mouvement, à tout instant : la vie ordinaire, active, bruyante, stressante parfois, et les moments de silence sur le tapis de méditation... Tout est nourriture, tout est sens pour le chercheur de Vérité.

OM SHANTI !!!

 

A bientôt !

Catherine

 

Ces derniers temps, des événements forts ont fait la une des journaux : le bruissement médiatique s’est transformé en vacarme assourdissant, puis en fracas tonitruant :

Silence ! Taisez-vous ! Voilà ce que j’ai envie de « crier » !

Arrêtez de parler, de discuter, d’analyser, de contredire, de commenter, de disséquer les infos, de jaser, de médire, de supputer, de supposer, de révéler, de pinailler, d’argumenter , de chercher le dernier scoop… ARRETEZ !!! SILENCE !

A chaque fois que les infos s’emballent, que les journalistes et autres commentateurs s’agitent, une image me vient à l’esprit :

L’océan et les vagues pendant une tempête : en surface tout s’agite, les vagues viennent se fracasser sur la plage ou sur les rochers, l’écume frémit, les embruns se dispersent et la tempête explose. Mais si l’on pouvait plonger dans l’océan et descendre vers le fond, on pourrait constater que là, tout est calme, les bruits assourdissants des vagues nous parviennent de plus en plus étouffés et l’obscurité tranquille nous enveloppe peu à peu. …

Beaucoup de textes hindous reprennent cette image de l’océan et des vagues : ces vagues, c’est nous, notre personne manifestée dans ce monde avec nos souffrances, nos agitations, nos combats, notre cinéma mental, notre vie terrestre quoi ! Nous venons nous fracasser sur la plage, ballotés que nous sommes par les circonstances extérieures, par tout ce qui nous arrive : jusqu’au jour où nous réalisons que notre nature profonde, c’est l’eau, la même eau qui constitue l’océan…

Alors là, tout peut changer !

Cette eau tranquille du fond de la mer, c’est moi, fondamentalement, quelle découverte !

Alors, dans ce fracas du monde, dans cette agitation assourdissante, il s’agit de se tourner vers l’intérieur, de ressentir que, profondément, nous sommes de la même Nature que le Tout : en nous tout est calme, silencieux, joyeux et inaltérable !

 

«  En perdant conscience avec sa quiétude intérieure, c’est avec soi-même que l’on perd contact. En perdant contact avec soi-même, on se perd dans le monde.

Le sentiment le plus intime de soi, de son essence, est inséparable du calme intérieur.

C’est le JE SUIS, plus profond que le nom et la forme. » Eckart TOLLE – Quiétude.